La France entre en récession, le gouvernement minimise

(…) Même si l’Institut national de la statistique (Insee) préfère parler de croissance qui « cale », la récession s’installe. Le PIB devrait en effet décroître de 0,1 % à la fois au troisième et au quatrième trimestre 2008, après une première baisse de 0,3 % au second trimestre, selon les chiffres publiés vendredi par l’Insee. Or, selon la définition généralement admise, la récession est définie par une diminution du PIB pendant deux trimestres consécutifs. La dernière récession dans l’Hexagone remonte à 1993. Mais celle-ci s’était traduite par une baisse de la croissance « beaucoup plus marquée », fait remarquer Éric Dubois, chef du département de la conjoncture de l’Insee.

Grâce à la progression de 0,4 % enregistrée au premier trimestre, la croissance française pourrait tout de même atteindre 0,9 % cette année, précise l’Insee, qui tablait encore en juin dernier sur une croissance de 1,6 % en 2008. En 2006, la croissance française était de 2,4 % et en 2007 de 2,1 %. « Notre prévision est assez proche de ce qu’a annoncé le gouvernement », constate-t-on du côté de l’institut. En septembre, la ministre de l’Économie Christine Lagarde avait évoqué une croissance « autour de 1 % » pour l’année 2008.

(…)

« Il y a eu deux trimestres qui sont en croissance négative, ça s’appelle une récession technique. Il y a eu une année 2008 qui est en croissance de 1%, alors certes c’est pas beaucoup du tout, c’est même très très peu, mais ça reste de la croissance », a déclaré Éric Woerth

(…)

le ministre du Budget avait déjà affirmé que « par nature, la France n’est pas en récession. 1 % de croissance » sur l’ensemble de l’année, « ce n’est pas une récession, c’est une très faible croissance ». « Il y a une définition technique et statistique de la récession, et puis il y a la réalité des choses. On ne va pas se battre sur les chiffres.

(…)

Même son de cloche du porte-parole du gouvernement Luc Chatel. Ce dernier juge que la France « ne sera pas en récession » en 2008 « puisque globalement nous devrons être aux alentours de 1 % de croissance »

(…)

La récession ? « Ce n’est pas ça qui est le plus important », a éludé Christine Lagarde.

(…)

Elle considère qu’il y a une priorité : « La nécessité absolue, c’est de se tourner vers cette question de la crise financière internationale et de réparer toute la tuyauterie. »

Source: Le Point