Déficit : Bruxelles ne croit pas à un retour à 3 % en France en 2015

Le « retournement économique arrive » a affirmé le président de la République, François Hollande, ce week-end. Il arrive mais ne sera pas très dynamique, lui a répondu en substance le Commission européenne, à l’occasion de la publication ce lundi matin de ses nouvelles prévisions économiques. Après une hausse de 0,3 % en 2013, la croissance du PIB s’établirait à 1 % cette année, puis à 1,5 % l’an prochain en France. Par rapport à son diagnostic de février, Bruxelles a donc laissé inchangé sa prévision pour 2014 mais abaissé celle pour 2015. La Commission tablait à l’époque sur une hausse du PIB de 1,7 %.

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A ce stade, Bruxelles ne croit pas que la France tiendra son objectif d’un déficit public à 3 % du PIB l’an prochain. Après un déficit de 4,3 % en 2013, le déficit public atteindrait 3,9 % du PIB en 2014 puis 3,4 % en 2015, selon les prévisions de la Commission. C’est tout de même bien mieux que prévu en février dernier quand la Commission tablait sur un déficit de 4 % en 2014 puis de 3,9 % en 2015.

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Pour 2015, Bruxelles est moins optimiste que Paris. Mais la Commission ne prend pas en compte, à ce stade, la totalité de l’effort annoncé par le gouvernement pour réduire son déficit. Sur les 21 milliards d’euros d’économies programmées par la France, Bruxelles n’en intègre « que » 17,5 milliards d’euros.  « Sur la base des informations disponibles, le déficit devrait atteindre 3,4% du PIB en 2015 », indique la Commission. Elle pointe même « les risques » d’un déficit plus élevé, constatant que le gouvernement a récemment décidé d’épargner les « petites retraites » (inférieures à 1.200 euros, soit 6,5 millions de personnes) du gel programmé dans le plan d’économies.

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Source : Les Echos

Déficit, croissance : Bruxelles doute des prévisions de Paris

Le scénario de la Commission européenne n’est pas aussi optimiste que celui présenté par Manuel Valls la semaine dernière. Bruxelles estime que le déficit public atteindra 3,4% du PIB en 2015, bien au-delà des 3% prévus par Paris.

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En prévoyant un déficit de 3,4 % du PIB l’an prochain, la Commission reconnaît certes qu’un effort sera fait par la France – elle tablait encore en début d’année sur un chiffre de 3,9 % ; mais elle maintient que Paris ratera encore son objectif d’un retour à 3 % de son déficit public en 2015. Une échéance que l’Hexagone s’était engagé à respecter après avoir obtenu un délai de deux ans l’an dernier. Du coup, la dette publique devrait progresser à 95,6 % du PIB cette année, puis 96,6 % en 2015.

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Source : Le Figaro

Moody’s juge les réformes françaises « positives » mais doute des prévisions de croissance et de déficit

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L’agence de notation juge que la prévision de croissance de 1,7% du gouvernement français pour 2015 « semble optimiste » et ne prévoit pour sa part que 1,5%. Elle s’attend aussi à ce que le déficit public de la France dérape plus que prévu, atteignant 4,0% du Produit intérieur brut cette année et 3,3% l’an prochain, là où Paris espère 3,8%, puis 3%.

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Source : Cbanque.com

Le tour de passe-passe de Michel Sapin

Le gouvernement français a présenté le 23 avril dernier le « Programme de stabilité 2014-2017 » qu’il va soumettre à la Commission européenne. Celui-ci prévoit en particulier un retour du déficit public français sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB) dès 2015 alors que ces dernières semaines, le gouvernement semblait avoir l’intention de demander aux autorités européennes un nouveau délai pour atteindre ce niveau. Un pari qui repose cependant sur des hypothèses peu réalistes.

Le gouvernement a en effet repris à son compte les dernières prévisions de croissance établies par la Commission européenne pour la France en 2014 (1 % de croissance) et 2015 (1,7 %). Une prévision plutôt optimiste : pour 2015, ce niveau est en effet supérieur à celui anticipé à la fois par l’OCDE (1,6 %) et par le FMI (1,5 %).

Mais la Commission européenne avait associé cette prévision de croissance élevée à une politique budgétaire très peu restrictive : elle prévoyait que le déficit français ne reculerait que de 0,2 point de PIB cette année et 0,1 point de PIB l’an prochain. Le gouvernement fait donc le pari que l’économie française pourrait atteindre les niveaux de croissance relativement optimistes prévus par la Commission européenne, malgré une restriction budgétaire beaucoup plus importante que celle qu’elle avait programmée : 0,5 points de PIB cette année et 0,8 point l’an prochain.

Irréaliste

Une hypothèse a priori peu réaliste : alors que nombre d’économistes avaient tendance à sous-estimer ce facteur, on a pu mesurer au cours des dernières années combien une restriction budgétaire avait toujours un impact négatif significatif sur l’activité économique, avec des « multiplicateurs », comme disent les économistes, nettement supérieurs à 1 (si le multiplicateur est de 1,5, cela signifie qu’un point de restriction budgétaire réduit la croissance de 1,5 point).

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Pour les années ultérieures (2016 et 2017), la prévision d’une croissance de 2,25 % par an retenue par le gouvernement est encore plus décalée par rapport à la plupart des autres estimations, et notamment celles du FMI, qui ne table que sur une croissance de 1,7 % en 2016 et de 1,8 % en 2017 pour la France. A cet horizon, les prévisions sont toujours très aléatoires, mais si la France atteignait les niveaux de croissance prévus par le gouvernement, ce serait a priori un exploit…

Ruser avec les règles

Le cadrage macroéconomique retenu par le gouvernement semble donc a priori peu réaliste, mais il présente l’avantage de satisfaire les exigences de la Commission en matière de réduction du déficit budgétaire sans avoir pour ce faire à programmer une austérité encore plus drastique puisque la forte croissance anticipée se charge de soutenir les rentrées publiques. Il s’agit d’un jeu de dupes qui ne trompe probablement personne, ni à Paris ni à Bruxelles, mais qui permettrait à chacun de sauver les apparences, si la Commission accepte de se voiler la face… Quand on est coincé par un carcan de règles « stupides », comme l’avait fort justement dit en 2005 Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, à propos du pacte de stabilité, il faut parfois savoir ruser en effet…

Source : Alternatives Economiques

Tricheurs délibérés ou drogués à l’erreur ? Retour sur 5 années de prévisions économiques gouvernementales à côté de la plaque

Depuis 2008, en moyenne, en fin d’année, le déficit budgétaire (en valeur) est 33% plus élevé que ce qu’avait prévu Bercy. Ce chiffre a même grimpé à 165% en 2009 et se montait encore à 4% l’an dernier.
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En 2008 la prévision de déficit pour 2009 était de 2% il a été supérieur à 7% … Les prévisions n’avaient pas anticipé l’impact économique de la plus grave crise depuis la grande dépression des années 30, rappelons la baisse de 42% des indices boursiers français et la forte baisse du PIB au niveau de l’économie réelle. Le traumatisme a été tel que pour 2010 la prévision initiale de 8,5% sera ramenée en exécution à 7%, il en sera de même pour 2011 ou les prévisions de 6% n’auront été que de 5,2% en réalisé.

Lorsqu’il existe une forte variation du PIB les prévisions de recettes et de déficit deviennent très aléatoires.

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En 2012 et 2013 on est revenu à une pratique assez courante au cours de ces 40 dernières années ou le déficit du budget en exécution (la réalité) a été moins bonne que les prévisions
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Le niveau de déficit anticipé est le reflet des prévisions de dépenses et de recettes estimées.

Dans la mesure ou les dépenses doivent être votées elles ne peuvent pas être la variable d’ajustement. Dès lors il suffit d’avoir des hypothèses macroéconomiques optimistes pour parvenir à avoir des recettes fiscales élevées car certains impôts sont très corrélés à l’activité économique (TVA, IS, TIPP) et d’autres moins (IRPP…), le déficit annoncé sera alors plus acceptable. Bien évidemment, les recettes ne seront pas au rendez-vous cela permet tout à la fois d’accuser la mauvaise conjoncture et de faire passer des hausse d’impôts dans un collectif budgétaire. La ficelle est grosse, la recette éculée et pourtant les hommes politiques nous refont le coup presque chaque année. 

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Source : Atlantico

Déficit et croissance : la France fixe ses objectifs jusqu’en 2017

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Pour ce qui est de la croissance, le gouvernement, comme annoncé dès mardi dans les Echos, prévoit une croissance de 1% pour l’année 2014, une prévision « réaliste » selon le Haut conseil. La projection de 1,7% pour 2015, de son côté, n’est « pas hors d’atteinte » selon cette même institution. En revanche, le rapport du Haut conseil des finances publiques est plus réservé sur les prévisions de 2016 et 2017, qui parient sur un retour à 2,25% de croissance par an.

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Le véritable enjeu viendra des annonces sur le déficit public : pour se plier aux exigeances européennes, la France n’a pas d’autre choix que d’atteindre un déficit inférieur ou égal à 3% du PIB. Selon les prévisions qui doivent être annoncées ce mercredi, ce seuil de tolérance sera tout juste atteint en 2015, après une prévision de 3,8% pour 2014. Des projections en baisse : jusqu’à présent le gouvernement tablait sur 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015 : la faute à un déficit plus élevé que prévu en 2013, à 4,3% au lieu des 4,1% attendus.

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Entre les prévisions de croissance à la hausse et celles de déficit à la baisse, le Haut conseil des finances publiques explique qu’il existe un risque de déséquilibre. En termes techniques, le rapport affirme qu’il « existe un risque que les effets positifs sur l’emploi et les salaires de la politique d’offre n’atténuent pas les effets négatifs sur l’activité de la consolidation budgétaire à la hauteur et au rythme de ce qui est prévu ».

En clair, cela signifie que les baisses de dépenses publiques vont très rapidement faire sentir leurs effets sur la croissance de la France, alors qu’en contrepartie, les mesures incitatives – c’est-à-dire les baisses de cotisations et de fiscalité – n’auront un effet sur la relance de l’activité qu’à sur un plus long terme.

Source : France Bleu

France : Les prévisions de croissance 2016-2017 jugées optimistes

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a jugé réaliste la prévision actualisée de croissance de l’économie française pour 2014 retenue par le gouvernement et estimé que celle de 2015 n’était pas hors d’atteinte.

Dans un avis publié tôt mercredi, il a indiqué toutefois que le scénario anticipé pour 2016 et 2017 était « optimiste », reposant selon lui sur « des hypothèses favorables tant pour le soutien apporté par l’environnement international que pour le dynamisme de la demande intérieure. »

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Le gouvernement a revu pour cela en légère hausse, à 1,0% contre 0,9%, sa prévision de croissance pour 2014 et retenu 1,7% pour 2015. S’agissant de 2016 et 2017, il table désormais sur une croissance moyenne de 2,25% par an, en hausse de 0,25 point par rapport à ses précédentes prévisions.

Créé pour juger de la crédibilité des prévisions officielles, qui ont souvent péché par un trop grand optimisme dans le passé, le HCFP a dit ne voir « aucun risque baissier majeur » à la prévision pour 2014, en ligne avec celle des organisations internationales, qu’il juge « réaliste ».

Si celle pour 2015 n’est pas « hors d’atteinte », elle comporte néanmoins « plusieurs fragilités » et repose sur « la réalisation simultanée de plusieurs hypothèses favorables. »

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Le Haut Conseil, qui est dirigé par le premier président de la Cour des comptes Didier Migaud, est plus réservé encore pour le scénario prévu pour 2016 et 2017, jugé « optimiste ».

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Source : Les Echos Bourse

Croissance : le gouvernement table sur 1% en 2014 puis 1,7% en 2015

La prévision est «raisonnable». Le ministre des Finances, Michel Sapin, a estimé mardi que la France pouvait accrocher un taux de croissance de 1,7% en 2015. L’ancien ministre du Travail du gouvernement Ayrault a par ailleurs confirmé l’objectif de 1% de croissance en 2014, devant des journalistes lors d’une visite d’entreprise près de Lyon.

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«Les prévisions de croissance sur lesquelles nous travaillons sont parfaitement en ligne avec celles du FMI et de la Commission» européenne, a-t-il précisé

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Ce mercredi, le Haut conseil des finances publiques juge que la prévision de croissance du gouvernement, soit 1% en 2014 est «réaliste», et que sa projection de 1,7% pour 2015 n’était pas «hors d’atteinte».

Cet organe indépendant chargé d’évaluer les trajectoires budgétaires a toutefois mis un bémol, écrivant dans son avis que «les mesures d’économies» de 50 milliards d’euros annoncées «pourraient peser davantage que prévu par le gouvernement sur la croissance à court terme».

Source : Le Parisien

Déficit de la France : pourquoi le FMI s’est trompé

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Le FMI a ainsi annoncé mercredi que la France ramènerait son déficit public à 3,7% du PIB cette année et à 3% tout rond en 2015.

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«Le FMI est plus optimiste que le gouvernement français lui-même», ont titré immédiatement les observateurs patentés. Renseignement pris auprès des prévisionnistes de Washington eux- mêmes, ces chiffres sont en léger décalage sur les réalités ou ce qu’on en sait. Le FMI n’a pas tenu compte de la première estimation effectuée sur l’année 2013 par l’Insee en France, qui a la responsabilité des comptes nationaux. Or le 31 mars dernier, il y a à peine dix jours l’Insee avait indiqué que le déficit public ne serait pas de 4,2% comme on le pensait auparavant, mais de 4,3%. Le FMI ne le savait pas quand il a bouclé son document il y a deux semaines: la meilleure preuve est qu’il donne l’ancien chiffre de 4,2% pour l’année 2013 dans son «Fiscal monitor».

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«Nous ne travaillons pas totalement en temps réel» plaide-t-on au siège du FMI . Ce serait effectivement très difficile quand on scrute 188 pays à la fois. Or c’est la révision à 4,3% du déficit 2013 qui a déclenché le changement de pied de l’exécutif français. Dès le 31 mars, au lendemain du deuxième tour des municipales, François Hollande dans son allocution au pays, avait laissé entendre qu’il allait demander à la Commission européenne un nouveau délai pour reporter au-delà de 2015 l’objectif de 3%.

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Source : Le Figaro

La France va rattraper le rythme de croissance allemand, assure le FMI

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Le FMI a désormais une prévision de croissance 2014 de 1% pour la France, contre 0,9% avant, cette précédente projection datant de janvier.

Dans son rapport de printemps sur l’économie mondiale, le Fonds a par ailleurs maintenu sa prévision de croissance française pour 2015, à 1,5%. Le Produit intérieur brut (PIB) français avait augmenté de 0,3% l’an dernier.

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Ces chiffres, s’ils se confirment, permettraient à la France de retrouver le même rythme d’activité que le reste de la zone euro, et une croissance proche de celle de l’Allemagne.

La croissance française, annoncée à 1%, devrait rester à la traîne cette année, puisque le FMI attend 1,7% en Allemagne et 1,2% dans la zone euro. Mais en 2015, la France retrouverait exactement le même taux de croissance que la zone euro (1,5%), et serait sur les talons de l’Allemagne (1,6%).

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Source : Challenges

 

Le FMI prévoit une croissance économique de 1% en 2014 pour la France

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La France pourrait enregistrer une croissance de 1% en 2014 et de 1,5% en 2015 estime le Fonds monétaire international, dans ses nouvelles prévisions pour l’économie mondiale. Par rapport au dernier diagnostic établi en janvier dernier, ces chiffres marquent un mieux de 0,1 point pour l’année en cours, le chiffrage 2015 étant le même qu’il y a deux mois et demi.

Cette évaluation est très légèrement meilleure que l’hypothèse sur laquelle le gouvernement a fondé sa politique budgétaire, soit un taux de 0,9% en 2014 , si tant est que de telles différences aient un sens: elles restent très inférieures, en effet, au degré de précision avec lequel ces chiffres sont établis!

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En matière de chômage, le FMI n’attend de reflux qu’à partir de l’an prochain, les moyennes annuelles de taux de chômage s’établissant à 10,8% en 2013, 11% en 2014 et 10,7% en 2015 en France.

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En matière de comptes extérieurs, la France fait pratiquement bande à part: hormis la Belgique et la Finlande elle est désormais la seule économie de la zone euro dont les comptes restent déficitaires (1,7% du PIB en 2014).

Source : Le Figaro

La Banque de France table toujours sur une croissance de 0,2% au 1er trimestre 2014

Pas de changement pour la Banque de France, qui confirme mardi tabler sur une croissance de 0,2% de l’économie française au premier trimestre 2014, dans sa troisième et dernière estimation. Une prévision légèrement plus optimiste que celle de l’Insee, qui prédit pour sa part une progression de +0,1%…

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Source : Boursier.com

En 2013, le déficit public français a été supérieur aux prévisions

En 2013, le déficit public français a atteint 4,3% du PIB alors que le gouvernement s’était fixé un objectif de 4,1%. Une mauvaise nouvelle qui éloigne un peu plus l’engagement de passer sous la barre des 3% en 2015.

Ce ne sont que 0,2% mais ils font une grande différence. En 2013, le déficit public français a été de 4,3% du PIB contre un objectif fixé à 4,1% par le gouvernement, d’après les chiffres rendus publics par l’Insee, lundi.

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La dette publique a également dépassé les prévisions officielles, grimpant à 93,5% du produit intérieur brut l’an dernier contre 90,6% fin 2012, là où le gouvernement tablait sur 93,4%. Elle s’élève fin 2013 à 1 925,3 milliards d’euros, en augmentation de 84,3 milliards par rapport à fin 2012 où elle avait déjà augmenté de 116,1 milliards.

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« Le redressement des comptes publics, engagé depuis 2012, se poursuit dans un contexte économique qui s’améliore graduellement », ont assuré juste après la publication de ces chiffres le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, et son collègue au Budget, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué. Il est vrai que le déficit public s’élevait à 4,9% du PIB en 2012.

Source : France 24

 

La France, mauvaise élève économique de l’Europe

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Perspectives un peu moins optimistes pour la France qui devrait, à l’inverse de 2012 et 2013, faire moins bien que la zone euro avec 1,0% puis 1,7%. Malheureusement, cette reprise de la croissance ne se traduirait pas en France par un retournement de la courbe du chômage en 2014 ni même en 2015. Celle-ci devrait en effet se stabiliser à 11,0%.

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Au niveau budgétaire, les dépenses publiques devraient diminuer (en pourcentage du PIB) entre 2013 et 2015, mais à des rythmes très différents. Ainsi, la baisse en France restera très modérée avec une diminution de 0,1 point par an pour atteindre 57,0% du PIB en 2015. La France sera alors le 2ème pays de l’UE en termes de dépenses publiques, juste derrière la Finlande (57,9%).

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Les recettes fiscales devraient légèrement baisser entre 2013 et 2015 en zone euro (-0,3 point de PIB, à 46,5%), mais resteraient stables en France à 53,1%. Vraisemblablement victime d’un effet Laffer, elles se révèlent, en effet, moins élevées que prévu. La baisse par rapport aux prévisions de la loi de finance initiale s’est élevée à 14,3 milliards d’euros, soit 3,5 milliards de plus qu’estimé dans le collectif (principalement à cause de recettes décevantes pour l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu). Finalement, le déficit du budget de l’État 2013 est supérieur de 13,4 milliards d’euros à la prévision initiale alors que les recettes fiscales et sociales manquantes dépasseraient 24 milliards pour l’ensemble des administrations publiques.

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Ainsi, les objectifs de réduction du déficit public français ne seront pas atteints et devront encore être reportés. Les gesticulations du ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, qui souhaite « entamer un dialogue avec la Commission pour identifier les sources d’écarts avec nos prévisions » ne trompent plus personne. Bien qu’il s’en défende, un nouveau délai sera sans doute nécessaire pour repasser sous la barre des 3%. La prévision des 3,9% en 2015 étant réalisée à politique inchangée, atteindre cet objectif nécessiterait un effort de 18 milliards d’euros dont nous n’avons pas encore vu l’amorce.

Devant l’incapacité chronique de certains États membres à respecter les critères de déficit public, la notion de ‘déficit structurel’ avait été introduite excluant du calcul les effets de la conjoncture. Las, la France risque là aussi de manquer la cible :

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Paris va devoir faire de sérieux efforts pour convaincre Bruxelles de son sérieux budgétaire. Certains au sein même du PS n’hésitent pas à mettre ouvertement en doute la volonté présidentielle. Pour Gaëtan Gorce, sénateur socialiste de la Nièvre, François Hollande n’a « ni les moyens » ni « la volonté de dégager 50 milliards d’économies supplémentaires » et ses annonces sont un « leurre destiné à enfumer » la Commission européenne.

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La France va donc se retrouver parmi les derniers de la zone euro au classement des déficits publics. Pourtant, les résultats des administrations des 17 autres pays restent moyens puisqu’une seule arriverait à l’équilibre en 2014 (l’allemande, à tout juste 0,0%) :

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Source : Contrepoints

L’économie française est encore loin de la reprise

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Les notions de PIB et de croissance économique sont liées mais différentes. En effet, la « croissance économique » renvoie à l’évolution du Produit Intérieur Brut (PIB) d’un pays. Le « PIB » représente la richesse d’un pays, c’est-à-dire qu’il évalue la valeur des biens et des services produits au niveau d’un pays. Ainsi, la « croissance du PIB » indique l’évolution de l’accumulation de richesses au sein d’une économie, il évalue donc la création de richesses pendant une période donnée (généralement annuelle ou trimestrielle). Par conséquent, le PIB (ou son évolution, c’est-à-dire la croissance économique) est représentatif de l’activité économique et il constitue une grandeur synthétique permettant d’apprécier les résultats de l’activité économique d’un pays à travers la production.

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Le bon résultat du dernier trimestre 2013 valide les prévisions du gouvernement pour 2014. Une fois n’est pas coutume et cela est suffisamment rare pour être souligné ; dont acte. En effet, il convient d’observer qu’avec un « acquis de croissance » de +0,3% l’objectif du gouvernement d’atteindre un taux de croissance de +0,9% en 2014 paraît parfaitement plausible. En d’autres termes, si l’activité économique reste au premier trimestre 2014 au même niveau enregistré au quatrième trimestre 2013 (acquis de croissance), il suffit que la croissance du PIB atteigne ensuite +0,2% seulement par trimestre pour que la richesse nationale produite au cours de 2014 atteigne +0,9%.

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L’analyse de l’évolution des composantes souligne une situation plus contrastée qu’il n’y paraît. En effet, si le chiffre global de +0,3% de croissance en 2013T3 est de bon augure pour 2014, permettant ainsi au pays de débuter l’année sur un bon acquis de croissance, le détail des composantes de ce chiffre global est moins encourageant

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Malgré une amélioration, il n’est pas possible de parler de reprise, ni même de rebond. En effet, +0,3% de croissance au troisième trimestre 2013 (c’est-à-dire +1,2% en rythme annuel) renvoie au rythme moyen de croissance que la France peut envisager si tout va bien (croissance potentielle).

Or, avec ce surplus de croissance, la France revient fin 2013 tout juste au niveau de production que le pays avait fin 2007/début 2008. Dès lors, si la crise est « effacée » en termes absolus, la France produit aujourd’hui autant qu’il y a 6 ans alors qu’entre-temps la population française est plus nombreuse (+700’000 habitants) et plus productive.

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Par conséquent, la richesse par habitant est inférieure de -2,5% qu’elle ne l’était avant crise et le niveau absolu de production devrait être beaucoup plus élevé. En d’autres termes, la France n’a pas besoin d’autant de personnes aujourd’hui pour produire autant qu’il y a 6 ans, ce qui explique le niveau élevé du chômage. Le pays n’a pas réussi à mettre en place des mesures aptes à stimuler suffisamment sa croissance économique pour réellement effacer les effets de la crise économique. Dans ces conditions, parler de reprise est pour le moins maladroit, voire fallacieux; il est tout au plus possible de parler de rattrapage d’une situation antérieure.

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Néanmoins, il sera possible de parler de fin de crise lorsque la France aura retrouvé le niveau de chômage qui prévalait fin 2007 (c’est-à-dire 7% de la population active), alors qu’actuellement ce niveau est 4 points au-dessus à 11% de la population active. Notons enfin, que contrairement aux récessions passées (ex : 1974 avec le choc pétrolier ou en 1992 avec la crise du système monétaire européen) il avait fallu environ 6 trimestres pour revenir au niveau de PIB d’avant crise, alors qu’il aura fallu cette fois à la France 24 trimestres, ce qui souligne avec acuité la profondeur des difficultés auxquelles est confronté le pays.

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L’inversion de la courbe du chômage pour 2014 semble d’ores et déjà très improbable. Les prévisions économiques sont toujours difficiles à effectuer mais en l’espèce, et comme c’était déjà le cas en 2013 avec la promesse gouvernementale, aucun élément n’est susceptible d’émerger pour accréditer la thèse d’une diminution du chômage en 2014.

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Compte tenu de la structure démographique et de la productivité de la France, seul un taux de croissance de +1,5% par an au minimum peut permettre de stabiliser le chômage (et au-dessus pour le faire diminuer).

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La comparaison avec l’Allemagne est très éclairante. En effet, alors que l’Allemagne connaît en 2013T4 un taux de croissance comparable à celui de la France avec +0,4%, le pays bénéficie d’un taux de chômage beaucoup plus faible (deux fois moins élevé).

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Dans ce cadre, l’Allemagne produit 2,5 points de plus de PIB en 2013 qu’en 2007, c’est-à-dire que ce pays produit plus avec une population qui décroît, alors que la France produit autant en 2013 qu’en 2007 avec une population plus nombreuse.

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En outre, au niveau du PIB par tête (c’est-à-dire la richesse par habitant), en 2013 ce dernier est inférieur de 2 points de PIB à celui de 2007 en France, quand les allemands sont 5% plus riches qu’en 2007.

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En outre, les prévisions pour 2014 sont positives mais soulignent un déséquilibre intenable. En effet, avec une croissance prévue de +0,9% en 2014, cela signifie que la France va s’enrichir d’environ +18 milliards d’euros au cours de l’année. Or, en parallèle, la France va « financer » cette croissance via un déficit d’environ 4% du PIB, soit près de 80 milliards d’euros de dette publique supplémentaire. En d’autres termes, au cours de l’année 2014, la France va créer 18 milliards d’euros supplémentaires en s’endettant de 80 milliards d’euros.

Source : La Tribune