Pourquoi le déficit de l’État a dérapé en 2013

L’information a été transmise aux journalistes presque en catimini jeudi soir, à 22 h 30. Dans un communiqué, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve ont révélé que le déficit de l’État pour l’année 2013 (hors collectivités locales et Sécu) avait finalement dérapé de 2,7 milliards d’euros par rapport à leurs dernières prévisions qui datent pourtant de… début décembre !

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Mais l’écart avec les prévisions initiales du gouvernement, c’est-à-dire avec celles inscrites dans la loi de finances initiale présentée à l’automne 2012, est anormalement élevé : le déficit constaté est supérieur de 13,4 milliards d’euros à ce que promettait alors Bercy !

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Ce camouflet pour le gouvernement est à chercher non pas du côté des dépenses, mais du côté des recettes budgétaires. Elles n’ont pas atteint – loin de là – ses espérances. Elles sont inférieures de près de 15 milliards d’euros.

Un phénomène attribué par l’exécutif à une activité économique plus mauvaise que prévu. Dès le mois de février, le gouvernement a bien été obligé de réviser ses prévisions de croissance de 0,8 % à… 0,1 %. Et moins de croissance, cela signifie un moindre dynamisme de la base imposable et donc des recettes fiscales. « La crise a sans doute été sous-estimée », a reconnu François Hollande, lors de sa conférence de presse de mardi.

Mais la chute de la croissance n’explique pas tout. En avril, l’exécutif promettait encore à Bruxelles de contenir le déficit à 3,7 %, après avoir reconnu qu’il serait impossible de tenir les 3 % auxquels Nicolas Sarkozy s’était engagé comme François Hollande après lui.

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Mais Bercy a continué à s’obstiner à surévaluer les recettes fiscales ! (…) Ce n’est qu’en fin d’année, avec la loi de finances rectificative, qu’il s’est résolu à réviser ses prévisions de déficit à 4,1 %.

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La tenue des dépenses est d’autant plus à relativiser que l’État a en fait encore augmenté ses dépenses par rapport à celles effectivement observées en 2012, même sur le périmètre de dépenses le plus facilement contrôlables, c’est-à-dire hors dette et pensions. « Celles-ci demeurent de 2,3 milliards supérieures à celles exécutées en 2012″

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Au final, toute la question est de savoir si le retour d’une croissance molle en 2014 de 0,9 % (à peu près conforme aux attentes des économistes) permettra de redresser les recettes fiscales autant que ce que prévoit le gouvernement.

En attendant, le gouvernement court le risque de ne pas tenir sa réduction du déficit à 3,6 % en 2014.

Source : Le Point

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