Déficit, croissance : Bruxelles doute des prévisions de Paris

Le scénario de la Commission européenne n’est pas aussi optimiste que celui présenté par Manuel Valls la semaine dernière. Bruxelles estime que le déficit public atteindra 3,4% du PIB en 2015, bien au-delà des 3% prévus par Paris.

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En prévoyant un déficit de 3,4 % du PIB l’an prochain, la Commission reconnaît certes qu’un effort sera fait par la France – elle tablait encore en début d’année sur un chiffre de 3,9 % ; mais elle maintient que Paris ratera encore son objectif d’un retour à 3 % de son déficit public en 2015. Une échéance que l’Hexagone s’était engagé à respecter après avoir obtenu un délai de deux ans l’an dernier. Du coup, la dette publique devrait progresser à 95,6 % du PIB cette année, puis 96,6 % en 2015.

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Source : Le Figaro

Budget 2010 : un déficit record pour soutenir la croissance

Le gouvernement a présenté ce mercredi un « budget de sortie de crise » pour 2010, marqué par des mesures de relance qui vont encore creuser le déficit.

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Du jamais-vu. Le déficit budgétaire en 2010 s’annonce colossal : 116 milliards d’euros, certes moins important que les 141 milliards prévus cette année. Mais cela représente 8,5% du PIB, bien au-delà des 3% préconisées par le Pacte de stabilité en Europe. Autrement dit, le déficit représentera un tiers du budget total de la France en 2010. Ce qui va évidemment creuser la dette, qui s’élevait déjà à 1 428 milliards d’euros fin juin.

Source : RFI

 

L’économie française et les finances publiques à l’horizon 2013 : les défis d’une nouvelle croissance économique

Le rapport d’information de M. Joël BOURDIN (UMP, Eure), Président de la Délégation du Sénat pour la planification, présente une évaluation de la programmation financière et économique à moyen terme, associée au projet de loi de finances pour 2009, et aborde les questions posées par la recherche d’un sentier de croissance plus dynamique et plus durable.
Au travers de ce rapport, la Délégation est le seul organisme public en France à apporter
au débat, au moyen d’une simulation quantitative réalisée avec le concours de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), une évaluation de la stratégie à moyen terme des finances publiques, compatible avec nos obligations européennes.

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• Le «scénario central» repose sur la programmation des finances publiques initiale du Gouvernement. Il prévoit uneréduction annuelle du déficit public structurel de 0,6 point de PIB,ce qui excède de 0,1 point les exigences du Pacte de stabilité et de croissance européen. La croissance accélère cependant pour atteindre 2,5 % par an à compter de 2010. En 2013, les comptes publics retrouvent l’équilibre et le poids de la dette publique est presque ramené à 60 % du PIB. Ce scénario suppose, toutes choses égales par ailleurs, une demande soutenue par l’endettement des ménages et des entreprises.
• Dans un second scénario, dit « scénario de crise», les comportements sont réalistes, avec un taux d’épargne des ménages et un investissement stabilisés, mais la correction budgétaire s’en trouve retardée et moins ambitieuse. La croissance plafonne à 1 % en 2010 puis se stabilise à 2 % à partir de 2011. Le déficit public se dégrade dans un premier temps, culminant à 4 % du PIB en 2010, pour revenir à 2,5 % en 2013; le poids de la dette publique approche alors 71 % du PIB.
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Pour concilier une croissance soutenue avec un fort ajustement budgétaire, il faut que la «réépargne » publique, qu’entraîne la baisse du déficit public, soit compensée par une
« désépargne » privée. Mais en France, comme dans la plupart des économies occidentales, la soutenabilité d’un endettement accru des agents économiques pose problème.
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• Malgré la réduction du déficit budgétaire qui pèse sur leur pouvoir d’achat, la demande des ménages doit demeurer dynamique afin d’entretenir une croissance élevée qui conditionne l’ajustement budgétaire. Ce dynamisme ne proviendrait pas de gains de pouvoir d’achat substantiels et impose donc une baisse prononcée de leur taux d’épargne.
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La crise financière et économique actuelle résulte des déséquilibres d’une croissance fondée sur l’endettement. En France, au cours des années quatre-vingt, la part des salaires dans la valeur ajoutée a sensiblement décru, avec une baisse simultanée et durable du taux d’épargne des ménages. L’endettement des ménages, passé de 49 % de leur revenu disponible brut en 1996 à près de 72 % en 2007, a apporté une incontestable contribution à la croissance économique française.
Or, depuis la fin des années quatre-vingt, l’inflation est globalement résorbée en France et, depuis la monnaie unique, dans la zone euro. La croissance économique n’y a donc pas excédé la croissance potentielle, sinon une hausse de l’inflation se serait produite. Ainsi, sans la progression de l’endettement constatée ces dernières années, la croissance aurait été moins forte et inférieure à son potentiel.
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• La question posée pour les ménages se présente en des termes analogues pour les
entreprises, dont l’endettement s’est également accru ces dernières années en France, passant de 63 % du PIB à 74 % du PIB entre 2000 et 2007. Comment freiner ce mouvement tout en soutenant l’investissement, sachant que la part des profits dans la valeur ajoutée a cependant augmenté ?
Les profits peuvent se subdiviser entre autofinancement et dividendes, et seuls ces derniers ont sensiblement progressé. La « norme » des 15 % de ROE (« return on equity » ou rentabilité financière), d’origine américaine, a essaimé dans toute l’Europe occidentale, y compris en France où les dividendes versés représentent une part croissante du PIB. Aussi, une sanctuarisation de la part dévolue à l’investissement apparaît-elle compatible avec une majoration de la part du travail, à condition de maîtriser celle revenant aux dividendes.
Un ROE élevé implique donc, indirectement, un endettement accru des ménages en raison des déformations du partage de la valeur ajoutée qu’il entraîne. En outre, il suscite directement un endettement accru des entités économiques pour engendrer des effets de levier autorisant une rentabilité financière supérieure à la rentabilité économique. Comme, dans le bouclage économique d’ensemble, l’endettement public peut, dans une certaine mesure, se substituer à l’endettement privé, une norme élevée de ROE constitue in fine un accélérateur d’endettement pour l’ensemble des agents économiques : ménages, entreprises, banques, Etat).
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Une seconde question est celle du réalisme de la politique budgétaire. Dans la programmation initiale des finances publiques, le déficit public est structurellement réduit de 0,6 point de PIB, sans affecter la croissance qui atteint 2,5 % par an à partir de 2010. Pour suivre les rythmes de croissance annoncés, il faudrait que la croissance économique spontanée se redresse par rapport à l’existant et tende vers une croissance en volume de 3,1 % à compter de 2010. En rappelant qu’une espérance raisonnable est que le rythme annuel de la croissance potentielle soit de l’ordre de 2,1 %, on mesure l’ampleur du pari. Si les agents privés ne prennent pas le relais de l’endettement, la réduction programmée de la dépense publique obèrerait la croissance au détriment des rentrées fiscales, entraînant ex post une neutralisation partielle du désendettement escompté. Le risque macroéconomique est donc de ralentir la croissance d’environ 2 points de PIB entre 2010 et 2012, quand le gain budgétaire en termes de charges d’intérêt est de l’ordre de 0,2 point de PIB au terme de la projection.
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